34. Il n'est pas trop tard pour labourer...
Quand Raymond Guignard conduisait le cheval aux labours...
    Les labours occupèrent nos prédécesseurs pendant des siècles, jusqu'au jour où la loi des échanges permis désormais d'exporter des produits manufacturés et d'importer des céréales ou bientôt des pommes de terre à meilleur compte que ce que l'on pouvait produire ici. 
    Il faut néanmoins reconnaître que les cultures restèrent bien vivaces jusqu'au milieu du XXe siècle, avec des pointes pendant les deux périodes de guerre, 1914-1918 et 1939-1945. C'est qu'alors le pays devait se suffire à lui-même question de nourriture. Nous n'avons pas les chiffres de ces productions ni ne savons si vraiment il nous était possible de vivre en autarcie. 
    L'erreur serait de croire cependant que les productions locales furent vite remplacées par des denrées venues d'ailleurs. On tint longtemps dans les familles à conserver son indépendance alimentaire, d'autant plus qu'il nous répugnait de sortir de l'argent de manière inutile, ou un peu trop légère. Du bon argent difficile à gagner, somme toute, et que l'on ne devait en aucun cas lancer par les fenêtres. D'où la survivance pendant longtemps de nos bonnes vieilles coutumes agricoles. 
    Nous faisons intervenir dans ce nouveau chapitre des récits propre aux labourages, des photos et des études chiffrées quant à nos productions de l'ancien temps. Cela certes ne suffira pas à se faire une image précise de notre production, néanmoins ces données seront bonnes à prendre et expliquerons des situations, par conséquents des moeurs et coutumes agricoles, que l'on a un peu trop tendance aujourd'hui à passer par dessous la jambe! Les siècles passés ne furent nullement des années! Et surtout les peines de nos laboureurs, pendant tout cet espace de temps, ne sont de celles que l'on doit oublier.