31. William Rochat-Killer, petit affineur des Charbonnières (années trente à soixante du XXe siècle).
Chez Will, la maison où affinait William Rochat, Will, William, attention, surtout à ne pas confondre!
    Commerce de petite taille mais parfaitement mené par William Rochat-Killer, Titouillon de bonne souche. Il était installé dans la ferme dite alors chez Will, vous savez, la grande maison rose dans le virage de la boulangerie.
    William Rochat-Killer, on l'a déjà vu en d'autres lieux, discutait souvent avec son neveu Gaston Rochat qui, lui, tenait la laiterie. Ils se mettaient alors les deux contre la barrière, de l'autre côté de la route, quand le temps était beau. Et c'est là qu'ils égrenaient leurs misères.
    C'est sur cette même barrière que des cents fois nous étendîmes les toiles à fromages pour les sécher. Cela se faisait ainsi, en ce temps-là, et il n'y a rien à redire.
    William Rochat ne cherchait pas à faire des tonnages extraordinaires, juste gagner sa croûte et puis basta. Un modeste mais néanmoins un consciencieux.
    Ses transports sur la gare du Pont se faisaient tout à cheval, puisqu'il ne possédait aucun véhicule motorisé. C'était encore une époque où certains de nos commerçants n'eurent jamais leur permis de conduire. Trop tard, disaient-ils. Oreiller de paresse, mais en même temps certitude de ne pas avoir à se royaumer par tout le canton afin de placer leur marchandise, leur cassibraille, voulais-je dire, me rétractant, puisque personne aujourd'hui ne sait plus ce que cela veut dire!
    Cassibraille, gomeux, gomasse, rossignols, boutcha, que voilà donc des termes bien de chez nous! Et que personne n'utilise plus, bien entendu! Raison de plus pour les coucher une fois au moins par écrit, n'est-ce pas, oncl'William ?