31. Les regains.
Mais qui sont donc ces deux "gribouilles" ?
    En ce temps-là, on pratiquait encore passablement à la main. Les regains. Cette période égarée entre les grandes chaleurs d'été et la douceur lumineuse de l'automne. Un peu humide cependant. Car les brouillards, le matin, tardent souvent à se dissiper. 
    Un second fourrage qui demande trois jours au minimum de séchage, et même par grand soleil, justement à cause de cette humidité persistante. Un fourrage un peu mou quand on le pique avec une fourche, et que l'on peine quelque peu à charger. Ici sur un char à pont plutôt que sur un char à échelle. 
    Autrefois, le regain, on le mettait dans de grands fleuriers qu'ensuite l'on chargeait sur le char à échelle. Des énormes ballots qu'il fallait ensuite conduire en grange et monter sur le solin. Rude opération que voilà. C'est que l'on savait s'éreinter, en ce temps-là, et que la peine, elle ne coûtait pour rien. 
    Le regain, avec son odeur plus forte que celle du foin, plus lourde, surtout quand le tas, en grange, fermente. Ces effluves qu'un vrai paysan ne saurait oublier. Il y a le foin, et puis il y a le regain. Que l'on donne en quantité plus faible au bétail, autrement il ne serait pas bien. Il lui faut de la fibre en plus des valeurs nutritives. 
    Bref, des choses comme ça, jetée hâtivement sur le papier. Afin tout de même que leurs souvenirs ne se perdent pas. Pas tout à fait, disons. Et si vous avez envie de parler des regains, dans une documentation bien fragmentaire à cet égard, allez-y, ne vous gênez surtout pas!