30. Paul Golay de l'Orient-de-l'Orbe, patoisan (1875-1962)
Paul Golay et son épouse Marie lors de ses 82 ans, en 1957
  Paul Golay fut notre plus malicieux patoisan, mais aussi le plus prolifique. Il eut ainsi l'occasion d'écrire maints textes en ce savoureux ancien langage dans la FAVJ et dans le Conteur vaudois, où sa plume était très appréciée.
    Les patoisans, non seulement des gens cultivés, mais aussi en général malicieux, aptes à vous torcher une histoire où il y a plus à rire qu'à pleurer. Ce bon vieux temps, où finalement la vie était difficile mais où on savait  la prendre du bon côté. Il le fallait. C'était cela ou crever ! Alors voilà, ce qui avait peine à passer, on le tournait en dérision et l'affaire était jouée. Mais il faut dire aussi qu'à l'époque, les caractères étaient plus typés, les personnalités remarquables plus nombreuses. Chose surtout très importante, plus qu'aujourd'hui où chacun n'aspire qu'à rentrer dans le rang, on avait le courage, souvent, de dire ce qu'on "goge" et qu'importe si l'on froisse la majorité bien pensante.
    Le patois était cette langue merveilleuse qui permettait justement d'exprimer ces choses pas toujours aisées à dire dans un français classique. On échappait à cette sorte de raison qu'apporte une langue parfois un peu trop structurée. On pouvait gagner cet endroit où les mots expriment plus qu'on ne saurait le dire, que parfois ils ont double sens, voire plus ! Et personne ne pouvait  échapper à ce regard si perspicace qu'avaient nos gens et surtout leur manière d'exprimer ce qu'ils avaient vu, ce qui pouvait les chiffonner.  Des paroles et des mots, parfois, à vous assommer un boeuf !
    Si vous voyez ce qu'on veut dire !
    Honneur à Paul Golay, le dernier de nos vrais connaissances de notre ancien parler.