2. Quand il y avait kermesse au Mollendruz - 1909 -
Plus ne reviendront les kermesses du Mollendruz...
    A un certain moment, quelques jeunes filles en blanc se mettent à tourner gracieusement sur l'herbe. A quelque distance, les enfants avaient allumé un grand feu dont la fumée se perdait dans les branches et organisé un picoulet. Mais tout cela se fait sans bruit, sns cris, sans excitation. Les étrangers qui étaient là - et il y en avait un bon nombre des hôtels du Pont - devaient se dire: Voilà un peuple heureux! Qu'on est loin ici des pogroms, des troubles de Turquie, des bagarres de Macédoine et des fusillades de Rheinfelden.
    Nous nous disions aussi qu'une après-midi de dimanche comme celle-là était la digne continuation du culte célébré dans la matinée, que ceci ne jurait pas avec cela, que c'est là vraiment une halte bénie et que ce tabbleau de paix, d'harmonie, d'entretiens amicaux, sans un cri discordant, sous la clarté d'un radieux soleil, sous les sapins et les fayards projetant leur grande ombre, donnait comme un avant-goût des coteaux éternels.