2. Madame de Staël, De l'Allemagne, version de 1864. La fête d'Interlaken.
Germaine de Staël dans une parure éclatante.
    Mme de Staël participa aux fêtes champêtres et alpestres d'Unspunnen en 1808. Elle y était accompagnée de son amie Elisabeth Vigée-Lebrun que l'on retrouvera plus bas. Mme de Staël garda un souvenir ébloui de cette manifestation et en tira quelques belles pages qui figurèrent dans son ouvrage: De l'Allemagne, celui-ci déjà prêt en 1810, mais édité seulement en 1813 à Londres, et en 1814 à Paris.
    Elle écrit:
    "Il faut attribuer au caractère germanique une grande partie des vertus de la Suisse allemande. Néanmoins il y a plus d'esprit public en Suisse qu'en Allemagne, plus de patriotisme, plus d'énergie, plus d'accord dans les opinions et les sentiments; mais aussi la petitesse des Etats et la pauvreté du pays n'y excitent en aucune manière le génie; on y trouve bien moins de savants et de penseurs que dans le nord de l'Allemagne, où le relâchement même des liens politiques donne l'essor à toutes les nobles rêveries, à tous les systèmes hardis qui ne sont point soumis à la nature des choses. Les Suisses ne sont pas une nation poétique, et l'on s'étonne, avec raison, que l'admirable aspect de leur contrée n'ait pas enflammé davantage leur imagination".