2. Le temps des foins
Fenaisons ou moissons, la peine n'est-elle pas la même, et n'est-il pas nécessaire d'oublier de temps à autre dans une petite sieste ?
    Les fenaisons, on dit ici faire les foins, voilà déjà les grosses chaleurs de la fin du printemps ou du début de l'été. Le soleil est brûlant, les taons sont voraces et l'on a toujours soif.
    Aux champs, il y faut du monde, tout le monde, même, tant il y a à ramasser et que l'orage  menace. On n'est jamais tranquille. On transpire à journée faite. La poussière vous colle dans oe cou et dans le dos, on rêve de la douceur d'une chambre tiède au coeur de l'hiver alors qu'il n'y aurait pas cette peine si grande.
    Et pourtant, les foins, cela peut aussi être très poétique. Et surtout pour le photographe qui passe, s'arrête, puis, une fois ses clichés mis en boîte, s'en retourne là d'où il est venu, vous laissant vous autre à votre tâche ingrate.