2. Fabuleux Bronson.
L'ami Bronson dans le Bagarreur, un titre bien médiocre pour un film exceptionnel.
   On peut dire que c'est la figure qui fait l'homme. Faciès d'indien, de mineur, de docker, de boxeur, bronzé comme il se doit, couvert de rides, unique dans l'incroyable galerie des acteurs américains qui ont échappé à ces critères codifiés que nous offrent beaucoup trop de ces acteurs coulés dans le bronze made in USA. 
    Un Bronson, en fait, toujours sympathique dans son rôle régulier de redresseur de torts. La canaille, lui il connaît. Et quand il le peut, il l'élimine, semblable en cela à son collègue Eastwood. Les deux, ils ne s'embarassent guère de sentiments. Ils dégaînent et tirent. Et cela nous fait un sacré bien! 
    Ici, ce sont plutôt ses poings qui interviennent, à Bronson puisqu'il est boxeur, à poings nus, il s'entend, ce qui signifie qu'une bagarre de ce type peut vous laisser définitivement sur le tapis. C'est violent et cruel. Et tout cela non pour un titre quelconque, mais pour des paris. Que le meilleur, ou la plus sombre des  brutes,  gagne. Le sang, pour les spectateurs, est sans importance. Ou même, il contribue à l'intérêt de combats aussi tragiques que ne le furent ceux ces gladiateurs de la Rome antique.  
    On retrouve les USA au coeur de la misère des années trente, et ce que l'on découvre, ce n'est pas très beau. Mais demande-t-on au cinéma de nous offrir que du rêve et des paillettes ? Raison pour laquelle ce film coup de poing nous touche tant. C'est un peu le combat de David contre Goliath. Et que ce petit David soit  Bronson, et qu'il gagnera chacun de ses combats, cela  nous fait sacrément chaud au coeur. 
    Mis à part ces quelques considérations personnelles,  ce film à petit budget, qui ne rencontra aucun succès lors de sa sortie, est un vrai chef-d'oeuvre. A regarder sans modération et en toutes circonstances! 
    Vive Bronson!