2. Ce divin Frago
La soi-disante mademoiselle Guimard, dite souvent la Guimard.
    Un artiste français du XVIIIe qu'il n'est d'ailleurs plus besoin de présenter, d'autres s'en sont chargés bien avant nous!
    Un coup de pinceau magistral, une sûreté de touche extraordinaire. Et surtout le résultat, des toiles où vous aimez à vous perdre, d'autant plus s'il s'agit d'une fête quelconque et qu'il y a ici de l'herbe à brouter et des ramures pour aller vous y perdre avec votre bien aimée. Les étoffes se froissent, froufroutent, légères comme de la plume, toilettes sublimes et jolies filles autant qu'on en veut. C'est magnifique, l'oeuvre de Fragonard, avec des toiles qui sont comme des bouteilles de champagne, pleines de bulles et d'ivresse.
    Et quand il oublie que la nature n'est là que pour s'amuser, bien dans le style du XVIIIe siècle, il s'attèle à des portraits qu'il peint avec une rapidité flamboyante. Il ne manque jamais un trait, tout s'accomplit selon un art consommé, avec un pinceau qui semble s'en aller tout seul à la recherche d'un beau visage, d'une face congestionnée, d'un vieillard qui n'arrive plus à compter ses ans.
    Fragonard n'est plus à découvrir. Il est là. Et diable, il y prend une sacrée place!