2. Baudelaire, le monde va finir.
Baudelaire par Nadar
    Baudelaire ne parle pas de la fin programmée de toute vie sur la terre à la suite de la disparition certaine du soleil,  dans quelques milliards d’années. Les notions scientifiques de l’époque ne permettaient  peut-être pas de savoir l’âge et la destinée de l’univers en général. Il traite de notre civilisation occidentale, mécanisée déjà à l’excès et qui périrait de par un manque flagrant de clairvoyance, l’homme obnubilé par sa réussite scientifique, proche bientôt de Dieu, mais surtout par les conséquences irréversibles de sa  forte production,  et quand bien même celle-ci  lui permet en un premier temps  d’élever son niveau de vie, tout au moins quant aux  classes les plus favorisées. La production devenant tout. Baudelaire lui parle de commerce, où les enfants même s’y essayeront à l’âge de douze ans et où les filles se prostitueront pour gagner de la tune dès le même âge. Ce qu’on voit dans les journaux de nos jours, du sein et de la fesse à tour de bras, et quel que soit parfois notre plaisir à découvrir de belles femmes, n’est pas là pour contredire le poète. Prêt à tout pour de l’argent, mais plus encore pour de la gloire. Et qu’importent les moyens. Pourvu qu’on en parle. Déshabillons-nous, étalons-nous, et que cela nous conduise sur les sentiers de la gloire.