29. Un Tribunal des moeurs à la fin du XVIIe siècle, FAVJ du 15 août 1907.
Les méthodes étaient plutôt rudes!
    Ce tribunal, dans le cadre de la Vallée de Joux, ou plutôt ces tribunaux,  puisqu'il y en avait un par commune, étaient nommés Consistoires, ou Vénérables Consistoires. Leurs membres étaient pris parmi les éléments les plus influents, les plus respectables en même temps que les plus rigoristes de la population. L'un d'entre eux est resté célèbre, le Juge Nicole, qui donna à la région son premier traité d'histoire, écrit en 1785, publié en 1840.  
    Ici l'auteur s'est penché sur les archives du Consistoire de la commune de l'Abbaye, registres alors déposés aux archives de cette commune, tandis que désormais on ne les trouve plus qu'aux Archives cantonales vaudoises où toute cette matière a été regroupée. 
    L'auteur, français, probablement catholique, est très surpris de constater que la population protestante était soumise à une véritable surveillance et qu'il ne s'agissait pas de faire un pas de côté. On sait qu'il n'en toutefois rien et que les petits écarts d'une population désireuse de trouver tout de même un rien de plaisir à vivre sur cette terre, furent de toujours et fort nombreux. 
    Ces Consistoires, imposés par Berne, supprimés à la fin de l'ancien régime, étaient rattachés de manière très directe à l'église, puisque nombre de "péchés" concernent les manquements face à cette "noble" institution. La non fréquentation des cultes, surtout lors de la Ste Cène, n'était pas tolérable. 
    Nous voici donc avec une  population surveillée, non seulement par l'oeil de Dieu, tout là-haut, mais aussi par celui de ses représentants ici-bas,  ses meilleurs éléments, les pasteurs, les politiques, tous ceux qui ont charge de tracer le chemin et de veiller à ce que l'on ne s'en écarte pas.