290. Pour une nouvelle promenade au Mont-Tendre.
Quand Mont-Tendre et Mont-Blanc font bon ménage.
    Journée exceptionnelle d'automne, et là-haut, la foule des grands jours, encore que l'on ne puisse pas comparer la fréquentation du Mont-Tendre avec celle de la Dent-de-Vaulion, celle-ci de cinq ou dix fois supérieure. 
    Samuel Aubert préférait le panorama du Mont-Tendre à celui de la Dent de Vaulion. Peut-être celui du Mont-Tendre est-il plus vaste, tandis que celui de la Dent offre des points de vue plus proches et surtout plus étonnants. 
    Nous ferons cette promenade en compagnie de deux citoyens des temps passés. Le premier, Correvon, a laissé un texte magnifique sur la Vallée de Joux en général, sur le Mont-Tendre en particulier. Son récit, propre à l'année 1736, a paru dans le Mercure suisse de 1737. Un classique du genre. Le second voyageur étant inconnu, Lausannois de toute évidence et ayant collaboré au Magasin pittoresque de 1849, laissant un très beau récit de son ascension du Mont-Tendre. 
    Quelle vue, quand même, de là-haut. Et ce qui fascine le plus, tout au moins il le fait pour nous, c'est ce Mont-Blanc, qui occupe tout l'arrière du Léman, le couronnant, le magnifiant. Montagne vétirablement mythique, dont la beauté et le volume fascinent. On voudrait presque y être! 
    Le Mont-Tendre et ses chalets, agrippés à ses pentes, jouissant d'un herbage fort peu printanier, à se demander pourquoi les hommes ont tenu à défricher ces sommités ingrates  qui ne sont et ne seront jamais que d'un rapport limité. Les pâturages sous-jacent, au fond des combes, sont bien meilleurs et surtout les conditions d'habitation sont plus favorables. Tandis qu'en ces hauts, avec de la bise ou du vent presque en permanence, ce ne pouvait être tout sauf agréable d'y vivre. 
    L'histoire est ce qu'elle est, on ne saurait la remodeler au gré de sa fantaisie. Dans tous les cas monter au Mont-Tendre et s'attarder quelque peu sur la géologie des lieux, c'est une sacrée leçon! Et ne portant pas sur six mille ans, comme certains fous furieux  voudraient donner à le croire, mais sur des dizaines de millions d'années. Fascinant certes, mais aussi effrayant, ce gouffre du temps et des âges ne pouvant qu'être insaisissable à l'homme.