28. Une seconde promenade à Bergamo.
Combien de grilles en fer forgé pour une ville comme Bergamo?
    Les lumières perçaient la vieille cité de points lumineux, ici ou là. On voyait encore les clochers se détacher sur un ciel qui gardait une dernière lueur, qu’était-ce, la lune, un incendie, les étoiles seulement ? Il était bien. Il avait marché longtemps. Déjà avec son ami, pour évoquer les bonnes années où ils travaillaient ensemble au funiculaire, puis tout seul, pour retrouver ses fantômes à lui qu’il fréquentait avec une volupté exquise. Ils lui parlaient, il leur répondait, et cette conversation que l’on avait ensemble, elle se menait tout au long d’interminables promenades tandis que son pas se posait avec un plaisir renouvelé sur ces rues pavées qu’il considérait comme les siennes. C’était assez curieux, cette impression qu’il avait, il était un parmi tant d’autres, ses œuvres n’influenceraient même pas la marche de la cité, l’histoire ne se souviendrait pas de lui, et pourtant il la considérait comme  sienne,  exclusivement, comme s’il était le seul capable de la comprendre,  comme si ces couleurs du crépuscule, ces rouges et jaunes, et puis bientôt ces gris, il était l’unique  à pouvoir les goûter avec une telle intensité.