28. Nouveaux souvenirs de Fribourg, par Ferdinand Perrier, 1868.
Montbovon vers 1910
   C'est quelque chose de grandiose qu'un beau coucher de soleil. Il y a peut-être moins de pompe, moins de lyrisme dans la fin du jour que dans son commencement, mais il y a aussi plus de majesté, plus de mélancolie. Les transports sont moins vifs, mais l'émotion est plus douce; c'est le dénouement d'une épopée qui tourne à l'élégie. Il y a une joie pétulante, un triomphe, surtout dans le moment où le soleil, apparaissant à l'horizon, inonde tout le paysage de sa lumière pénétrante qui semble absorber les ombres. Il y a quelque chose de plus suave, de plus affectueux dans le dernier regard de l'astre créateur. La lumière est plus dorée, les ombres plus intenses, et puis il y a l'indicible poésie de l'adieu.

                                                                                       Ferdinand Perrier