27. Ernesto à Ponte di Torlano.
Ernesto en galante compagnie pose pour l'éternité.
    Ernesto, on ne l’appelle que de cette manière en Italie où il a acquis une nouvelle personnalité, il aime parcourir le pays quand son travail lui en donne le temps, ou que celui-ci l’oblige à des déplacements un peu partout dans la péninsule, là où on industrialise. Ernesto, il est marié, il emmène sa femme, il fréquente la bonne société italienne où il retrouve de ses confrères industriels ou ingénieurs accompagnés de leurs propres compagnes. De telle manière qu’il vit dans une société féminine pleine de charme où les dames s’habillent de ces jolis habits du début du XXe siècle, avec de grandes robes et de jolis corsages blancs. Il aime même les femmes, Ernesto, leur compagnie en promenade, leur conversation, leur présence à table, et c’est souvent avec elles qu’il goûte ce qu’il y a de meilleur en ses voyages.   
 
On le retrouve à Torlano on ne sait pour quelles obscures raisons professionnelles, mais peut-être est-ce pour une simple visite de curiosité, en touriste, un village en plein dans la montagne, là-bas, du côté des Apenins Il a franchi le pont avec ceux qui l’accompagnent, dont l’un d’entre eux à l’idée non pas saugrenue, mais ordinaire en somme, de les photographier. Alors ce quidam éclairé et nous ne saurons jamais qui il est, il les fait poser là, à l’extrémité du pont. D’autres jeunes du village se sont joints au groupe, quoique ceux-ci soient restés quelque peu à l’écart, afin de ne pas gêner ces dames qui tiennent à figurer en bonne place sur la photo.