27. Autour du lac Brenet, Bonport, un endroit de légende.
Bonport tel qu'on pouvait le découvrir vers 1915.
    Bonport... Avant que ce beau nom ne soit accolé à ce site, il portait des appellations diverses. Ainsi l'Embouchaz, l'Embossioux, Bettafolz, tous toponymes désormais bien oublié. 
    Les établissements industriels de Bonport avaient été installés sur les lieux dès 1524 par les petits-enfants de Vinet. Ils furent racheté en 1602 par le célèbre Rigaud qui y fit une petite trentaine d'années. Il y habitait une maison dont on connaît le contenu jusqu'au dernier clou grâce à un inventaire peu ordinaire de l'époque. 
    Bonport devait repasser dans les mains des Rochat peu de temps après qui le gardèrent jusqu'en 1777, année où la commune de l'Abbaye rachetait le site, cela surtout pour s'assurer de pouvoir maintenir la propreté du Grand Creux, car tel est aussi le nom de cet entonnoir, afin que la commune n'ait pas à craindre des inondations par défaut d'entretien. Elle garda le moulin et la scierie jusqu'en 1852. Elle n'avait fait que de perdre de l'argent avec des amodiations d'un montant relativement modeste, toute heureuse de se débarasser enfin de Bonport qui fut racheté par un citoyen du Pont, Armand Rochat, boulanger, le père de notre arrière-grand-mère paternelle! 
    D'autres propriétaires intervinrent encore jusqu'au rachat du site par l'Etat de Vaud à la fin des années huitante. Dès lors de gros travaux tentèrent d'améliorer l'écoulement de cet entonnoir. Les employés étaient pour la plupart italiens, venus tout exprès pour cette grande oeuvre portant sur les années 1890 à 1892. Où déjà l'on parlait d'électricité à la Vallée, et de chemin de fer, et celui-ci, plutôt que de voir des locomotives mues par la vapeur, d'en connaître directement d'autres actionnées par l'électricité. La fée électricité, qui devait finalement s'imposer à la Vallée en 1903. 
    On le voit donc, Bonport, c'est toute une histoire. Une histoire aujourd'hui de pas loin d'un demi-millénaire.