26. Un coupable, d'Edouard Rod
L'affaire se passe au Pont et aux Epinettes que voici.
    Sait-on qu'Edouard Rod était combier de par sa mère, une dame Piguet du Bas-du-Chenit ? On découvrira cette filiation éclaircie dans les Grandes figures combières d'autrefois.
    Edouard Rod était un auteur bien connu et bien lu autrefois. Sa gloire s'est ternie avec le temps et il ne demeure plus guère aujourd'hui qu'un littérateur du passé, et quoiqu'il ait eu à son actif une forte production. Celle-ci, on la ranime de temps à autre, comme on le ferait avec de vieilles braises sur lesquelles on soufflerait dessus. Cela ne veut nullement dire que cette littérature était insignifiante, mais très certainement trop rattachée au temps où elle fut produite pour avoir une chance de survie. Il nous semble même qu'Edouard Rod avait pressenti lui-même que son temps passerait rapidement et qu'un jour bientôt viendrait où on ne le lirait plus. Prémonition que le futur se chargera d'approuver. 
    Sa nouvelle, le coupable, a peut-être un fond de vérité. Il y a cependant qu'elle est trop pathétique pour se rattacher de manière solide à des faits  réels. Elle reste intéressante cependant pour comprendre comment l'on comprenait à l'époque les ressorts psychologiques qui animaient un individu en poie aux plus pesants remords. 
    L'affaire se passe au Pont... et aux Epinettes... Il y a belle lurette qu'elle a été complètement oubliée.