25. Venise, troisième chant - Regard sur Venise -
Quand les petits Vénitiens jouent au bord du canal.
  Ce qui retenait le plus, dans ces petites rues que les touristes ne fréquentaient que peu, c’étaient les enfants et les chats. Ils faisaient bon voisinage. Ils vivaient ensemble. Ils n’avaient pas su rester à l’intérieur surchauffé des maisons et c’est pour cela qu’ils avaient gagné la rue pour s’installer sur un pont, près d’une barrière de fer forgé dont le travail était admirable. Alors près d’un pilier, un  chat tout blanc dormait. Mais il ne le faisait jamais que d’un œil et savait par exemple que vous vous étiez approché de lui. Toutefois, comme il n’avait  décelé en vous aucun geste menaçant, il avait à nouveau fermé les yeux pour retrouver son état de veille. Les enfants regardaient les chats, que parfois ils prenaient dans leurs bras pour leur faire quitter le pont et regagner la petite rue.   
  
Et ils étaient là, eux tous, les gamins, sur les petits  ponts, près des maisons,   qui se tenaient aux barrières. Parfois ils grimpaient dans les barques et c’était alors déjà comme une aventure. On entendait le clapotis des vagues contre la coque de bois et le temps soudain n’avait plus la même consistance pour prendre celle de l’éternité.