23. Les fontainiers.
Les deux bassins de granit de la fontaine du Haut du Sentier avant qu'ils ne soient déplacés devant la ferme à Cousu.
    Fontainier est un terme assez vague, en ce sens que pour procéder à l'établissement d'une fontaine, il fallait plusieurs professionnels, et notamment les spécialistes qui creusaient les tuyaux de bois, les bornés, et ces autres qui creusaient les bassins. Le tout était probablement mis en place sous la direction d'un chef qui n'était autre que le fontainiers qui avait les connaissances requises pour que le tout, la fontaine avec sa chèvre et son arrivée d'eau depuis la source ou la doi, fonctionne à la satisfaction des habitants d'un quartier. 
    Les fontaines étaient gérées dans certains hameaux, par l'administration elle-même, dans d'autres par des sociétés de fontaine qui réunissait les propriétaires d'un quartier. De telle sociétés subsistèrent jusqu'au début des sannées soixante, tout au moins au village des Charbonnières. Elles furent reprises ensuite par le hameau lui-même. 
    Dès 1830 environ, les bassins de bois furent peu à peu remplacés par des dits en pierre, tous creusés par les tailleurs de pierre de Vaulion, Bignens et compagnie. Le transport était assuré grâce à des attelages spéciaux, ceux-ci aptes à supporter des charges impressionnantes. Le nombre de chevaux était naturellement fonction de la grosseur et du poids du bassin. La grimpée de Vaulion au grand replat supérieur était terrifiante. Un bassin de pierre, situé à mi-hauteur, permettait autant aux chevaux qu'aux hommes de se désaltérer. Il existe encore, témoin de cette époque vraiment héroïque où l'on savait transporter les plus lourdes charges grâce à techniques éprouvées qui nous échappent un peu aujourd'hui. 
    Les tuyaux de bois quant à eux, furent remplacés par des tuyaux de terre cuite fabriqués par Lerber à Romainmôtier, puis bientôt par des tuyaux de fonte ou de fer. Le geberit n'interviendra que tardivement.