22. Mort au vacherin
Dessin de Bürki paru dans 24 H. du 21-22 novembre 1987
    Tel était le titre d'un article de la Tribune de Genève avec la "belle" image d'un vacherin cisaillé par un couteau vous offrant gracieusement une tête de mort, le couvercle de la maison d'un certain Gaston Rochat parfaitement mis en évidence!
    On ne fit jamais mieux en terme de réclame. Le vacherin considéré d'un jour à l'autre comme un produit hautement toxique et capable de vous ravager des populations entières!
    Cette fois-ci, plus moyens pour Messieurs les affineurs si chers à Mac Donald, de se leurrer. C'était la panade intégrale. Seule et dérisoire satisfaction, ayant été avertis de longue date qu'un problème très grave menaçait le vacherin, ceux-ci n'étaient pas totalement surpris. Simplement qu'ils ne pouvaient se douter de l'ampleur que prendrait  cette troisième affaire vacherin, et surtout que celui-ci, quelque vingt-cinq ans après la catastrophe, aurait à peine retrouvé plus de la moitié de son tonnage maximal . Souvenez-vous de cette barre du million de kilos franchie haut la main au début des années huitante.
    On pourrait écrire un livre entier sur cet événement. Dans tous les cas il n'était plus possible de suivre dans ces circonstances les "indignés" de 1986, puisque le problème sanitaire était réel et qu'il convenait de le résoudre sous peine de voir le vacherin interdit de repartir.
    Signalons que dans cette troisième affaire, ce ne sont pas quelques misérables centaines d'articles qui furent écrits, mais des milliers, et dans un nombre incroyable de pays. Les USA, ce fut, en cette occasion-là, juste la porte d'à côté. Quant à l'Italie,  elle avait déjà mis le pied dans l'une des caves de ces braves affineurs  par l'intermédiaire de la RAI Uno, ou
Due, ou Tre! Plus nombreux étaient encore étaient désormais les gratte-papiers  que les clients que l'on vit disparaître comme neige au soleil, les durs à cuir de 1986 en priorité!
    Mais de clients, en réalité, il ne put plus en avoir, puisque la destruction complète de la marchandise fut décrétée les heures qui allaient suivre l'interdiction de commercialisation prononcée par les autorités cantonales vaudoises.  Il y avait là quelques centaines de tonnes qui prirent la plupart le chemin des stations d'incinération.