21. L'école et l'enseignement au hameau de la Fontaine aux Allemands.
La zone de Fontaine aux Allemands dans les années soixante. Il ne reste plus guère en ces lieux que le chalet de chez Lucien, celui de chez Moyse Cart et la ferme de Sur le Crêt. Toutes les maions centrales de FA ont disparu.
    Le hameau disparu de Fontaine aux Allemands a le privilège de posséder son histoire en douze volumes ! Cela pourrait ressembler à une plaisanterie, et pourtant c'est l'authentique vérité. Il faut toutefois relativiser ce fait pour le moins surprenant, puisque aucun de ces volumes n'a encore été édité et que tout reste sagement au fond de nos tiroirs dans l'attente improbable d'une édition en bonne et due forme.  
    Le volume premier de cette longue série, est dédié à l'école. Celle-ci, c'est ce qu'il faut comprendre, était desservie par un régent qui habitait certes le hameau, mais qui divisait son enseignement en deux parties. Le matin écoles données ici au hameau, l'après-midi au hameau proche de Combenoire (ou vice-versa).  Il n'y eut jamais, aussi loin qu'on remonte, un enseignant dans chacune de ces deux localités dont le nombre des habitants, et par conséquent des élèves, n'était pas suffisamment élevé pour justifier deux maîtres. 
    Il semble, à lire les procès-verbaux de ces deux collectivités, et à dépouiller les comptes, que l'enseignement constituait un poste important. On en discutait à tort et à travers, mais surtout il fallait prendre des décisions. Les rapports obligatoires avec la commune sur le plan scolaire n'étaient pas toujours faciles. Ils allaient être plus difficiles et plus douloureux encore quand il s'agirait d'envisager de supprimer l'enseignement dans ces deux collectivités pour obliger désormais les élèves à se rendre au collège central du Lieu. On passait assez facilement, il faut le dire, sur les difficultés qu'auraient désormais ceux-ci, éloignés de deux à trois kilomètres du chef-lieu, pour se rendre à l'école, surtout en hiver. Mais c'est ce que l'on peut remarquer quand on fait l'histoire, les collectivités les plus importantes, donc celles qui dominent et commandent, sont facilement oublieuses de la peine des autres. Pourvu que chez nous, ça aille bien, le reste est de bien peu d'importance. D'où, souvent, des écoeurements manifestes pour ces hameaux qui voyaient leur population diminuer d'année en année, au point de non seulement voir disparaître l'école, mais d'en arriver à supprimer toute trace d'autonomie politique. 
    Fontaine aux Allemands eut quand même, en son temps, la chance de posséder son propre collège où résidait le maître. L'achat se fit le 21 juillet 1831. La maison appartenait auparavant à David Louis Nicole de la FA qui la vendit au hameau pour le prix de 880.- ! Des réparations et transformations en vue d'y loger une classe furent aussitôt entreprises. L'école put désormais aussi servir à accueillir les assemblées. On tenait enfin une sorte de bâtiment tout usage qui consacrait véritablement ces quelques maisons foraines en un hameau digne de ce nom. Une évocation: on va acheter notre école, témoigne de ce grand moment de l'histoire de cette collectivité. 
    Hélas, vu la dépopulation du hameau de FA, l'école fut supprimée en 1876. Les élèves durent descendre désormais à l'école de Combenoire - aussi fromagerie ! - puis, une fois celle-ci mise hors service en 1888, se rendre directement au hameau du Lieu. Bonne route et bon courage, mes enfants !