218. Quelques problèmes de bochérage sur la commune du Lieu dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et au début du XXe siècle.
Les propriétaires d'alpage brûlaient à tour de bras pour augmenter la surface de leurs pâturages, et cela souvent au détriment des bochéreurs ordinaires, soit les citoyens de la commune.
    Les bochérages, voilà un droit moyennageux qui devait créer des problèmes à n'en plus finir, et cela pendant au moins deux siècles. 
    Le bochérage, c'est le droit de tout un chacun de disposer librement des forêts pour son propre usage: bois de feu, bois d'oeuvre. Un droit, dès que la forêt fut considérée comme une richesse et non plus comme un empêchement à la colonisation, qui dut être réglementé. Et plus on avançait dans le temps, plus en conséquence la pression était grande sur la forêt, plus les règles devenaient strictes, au point qu'un jour ce droit fut réduit à sa portion congrue. 
    Ici, comme il en fut avec les droits de pâtures, le droit dut être racheté par les propriétaires en faveur non des utilisateurs, mais une nouvelle fois de la commune. L'essentiel des rachats des bochérages se situe après 1810 où une nouvelle loi allait dans ce sens. D'aucuns de nos propriétaires d'alpage se virent ainsi tenus, non de payer le rachat en espèces, mais en surface. Ce qui revient à dire qu'ils devaient perdre environ le 10 % des surfaces au profit de la commune, parcelles de forêt qui devaient constituer ce que l'on nomme aujourd'hui encore des cantonnements. Il y en a partout et de toutes espèces. Il fallut en conséquence déplacer des limites, donc reconstruire de nouveaux murs tandis que les anciens, courant au milieu des forêts, devaient interpeller un ou deux siècles plus tard  le promeneur de passage qui se demande bien quelles sont ces limites qui, apparemment, ne signifient plus rien. 
    Les procès pour bochérages abusifs de la part des propriétaires, au XVIIIe siècle surtout, furent innombrables. Les documents qui en résultèrent emplissent des rayons de nos archives. Une matière certes très répétitive, pas forcément inutile pour celui qui s'intéresse de près à l'histoire de nos forêts. Celle-ci d'une richesse insoupçonnée. Avec cette certitude, que tout n'a pas encore été dit.