217. Le temps des passations à clos et à record.
Les Grands Esserts vers 1940, Albert Jaquier, la vache et le tombereau.
    En ce début de XVIIIe siècle, la commune toujours fortement endettée suite aux emprunts faits à la fin du XVIIe siècle pour permettre à ses gens  de subsister suite à la grande famine de cette dernière décennie, vit une opportunité de renflouer sa caisse en obligeant plus ou moins les propriétaires de montagnes à libérer celles-ci du droit populaire de pâture dès la Ste-Madeleine. Propriétaires qui devaient naturellement payer, sommes équivalent grosso-modo au 5 % de la valeur de la propriété, parfois plus, parfois moins, selon les circonstances. 
    On sait que c'est l'époque même où la plupart de nos alpages passent dans les mains des nobles et hobereaux de plaine. Il advint donc à ceux-ci, tout comme aux autres propriétaires de la commune resté en possession de leurs propriétés alpestres, de se libérer de ce droit. Comprenons-le bien, un droit populaire mais dont le rachat tombe dans la caisse de la commune ! Ni vu ni connu, un premier tour de passe-passe dans une législation bien floue, soumise encore à la tradition plus que d'être véritablement impartiale. 
    L'époque des passations, pour la commune du Lieu tout au moins, commence en 1705 pour s'achever quelque trente à quarante ans plus tard. La chance pour cette commune est d'avoir en ce temps-là possédé un notaire très consciencieux. Celui-ci releva dans un registre particulier tous les actes concernant ces passations. Ce qui nous permet aujourd'hui de découvrir tous les propriétaires d'alpage de l'époque. Nous reproduirons ce registre fameux un jour ou l'autre. Pour l'heure nous nous sommes contenté de relever dans les registres de comptes de la commune  l'essentiel de ce qui concerne ces passations. Nous n'avons pu résister au plaisir de prendre également en note des petits faits de ces temps passés qui éclairent quelque peu le mode de vie d'alors.