20. Découverte d'Ornans
Quelle histoire raconte cette colonne à Ornans?
    Ornans est donc là, dont on savait la configuration générale par les photos que l’on en connaissait, souvent montrant la rivière et les maisons qui la bordent, avec le pont de pierre. Décor de carte postale certes, sorte de Venise du Jura, mais qui ne comprendrait qu’un seul canal. Les hommes avaient construit d’abord au bord de la rivière, puis ils s’en étaient éloignés peu à peu au fur et à mesure que le terrain y manquait, pour encore, au XXe siècle surtout, joindre la plaine où la ville put soudain se développer de manière exponentielle et très manifestement exagérée. Ainsi rien ne résiste à la civilisation qui va son destin avec un aplomb sans bornes et sans s’inquiéter outre mesure des conséquences à long terme. Cette vaste protubérance n’ayant bien évidemment plus rien du charme du  bourg original qui reste  modeste auprès de sa rivière que l’on admire sans se lasser jamais. Ses eaux d’ordinaire sont tranquilles et glissent en aval presque sans remous, juste décèle-t-on un mouvement doux dont profitent les oiseaux divers que la rivière héberge et qui trouvent refuge près des maisons ou sous quelque promontoire de l’une ou l’autre de celles-ci. Mais ces eaux savent aussi se fâcher. Pour preuve un signe peint sur un mur montrant le niveau atteint par la rivière en un certain millésime extraordinaire que nous n’avons pas retenu. Alors  elles arrivaient à la hauteur du tablier du pont, et devaient emporter avec elles, venus depuis la montagne,  des cailloux par milliers, et mêmes des roches entières, sans parler naturellement des branches, des arbres, ainsi que les animaux que ce fleuve avait pu surprendre par sa force tout à coup impitoyable, capable en vérité de tout détruire sur son passage, hormis les maisons qui avaient été faites et placées de telle manière qu’elles puissent tout de même résister.