1. Un segment de la route de La Vallée à Romainmôtier, la descente de la région des Vyneuves sur Vaulion.
Un bassin qui en a vu, des choses!
    Que voilà un bout de route diablement intéressant. On l'emprunte au-dessous des Vyneuves, ou de la Vyneuve, où l'on a  l'agréable surprise de découvrir une borne ou pierre à sabot. On y lit notamment qu'il était défendu d'enrayer, soit de freiner, sans le sabot, cet engin, en bois ou en fer, que l'on glissait sous l'une des quatre roues au moins - on ne sait pas si l'on mettait plusieurs sabots - et que l'on attachait avec une chaîne, de manière à ce que la roue ne tourne ni ne se détache de son appareil. Avec ça, on osait descendre cette raide pente. 
    Une pente que dans le sens contraire l'on abordait avec grand peine. Heureusement, peu avant d'arriver en son sommet, une fontaine permettait aux animaux, ainsi qu'aux hommes qui les accompagnaient, car l'eau est fameuse, la meilleure de Vaulion paraît-il, de se désaltérer. Le bassin, taillé à Vaulion on n'en doute pas, est de 1811. Ainsi aura-t-il vu passer par là, devant lui, vu de ses yeux vu!, tous les autres bassins de fontaine à destination de la Vallée. Et en ce domaine, il y en eut des grands et des petits. Avec notamment le grand bassin du Pont, celui de l'Abbaye, etc.. 
    Et quand l'on sait que ces bassins de pierre taillés par les Bignens de Vaulion et compagnie, étaient d'un poids terrible, on comprend la peine que pouvaient avoir les chevaux à les grimper par ce chemin ici en particulier si difficile. Il était ainsi nécessaire que les charretiers de la Vallée se joignent à ceux de Vaulion pour les aider dans leur rude tâche. Et enfin plus tard, quand l'on était tous arrivés dans notre haute combe, la joie de chacun était-elle à son comble et buvait-on un bon coup pour fêter dignement l'arrivée de cette pièce monumentale qui allait servir pendant des décennies, voire des siècles. On ne connaît cependant pas de bassin taillé à Vaulion et ayant pris le chemin de la Vallée plus vieux de deux siècles. 
    Quoiqu'il en soit, c'était à chaque fois la grande et folle aventure que l'on menait toujours à bien et quelque soit le poids à charrier. On savait y faire. On avait des trucs pour déplacer des poids si lourds, bref, on était malin! 
    Cette vieille route de Vaulion, elle mérite amplement d'être faite à pied. On contemplera toutes ces choses dont l'on vous parle. Plus encore  on découvrira toujours bien visibles les boute-roues du bord du chemin. Bref, c'est là une véritable leçon d'histoire où l'on imagine aussi quand, plus anciennement, quelque équipage menait à la Vallée tel ou tel bailli - il y en eut à revendre! - qui tenterait d'apaiser un conflit entre les gens du coin et ceux d'en bas qui n'avaient que trop tendance à nous voler du bois. Droits de bochérage, mon Dieu, combien ceux-ci plus que d'être toujours favorables à ceux qui le défendaient bec et ongles, leur a empoisonné la vie! Et plus encore coûté des fortunes en d'interminables procès.