1. Société ou Abbaye des fusiliers du Chenit fondée en 1661.
Fusilier d'autrefois ainsi que nos pairs.
    Il s'agit apparemment, outre la Confrérie du Lieu, de notre plus ancienne société connue. Bigre, 1661, cela remonte loin dans le temps.
    Qu'elle ait été de tir n'étonnera personne. En effet, LL.EE. n'étaient pas disposées à accorder un droit d'association pour des autres motifs que la défense de la patrie. Ce sera en conséquence, dès cette date et jusqu'à la fin de leur régime,  pour la plupart de nos villages, les motifs d'une demande de créer à leur tour  une association de ce type.
    Mais attention, si l'autorisation est accordée globalement, il faut encore signaler les assemblées au bailli en charge.
    Les abbayes, ce sont un tir par année, l'encaissement des entrées des nouveaux membres et le prêt du capital au 4 ou 5 % aux "actionnaires".
    Avec les conditions rigoureuses imposées par Berne, ce serait le cas de dire que l'on est plus chez soi. Mais l'on semble se plier de bonne grâce à cette discipline rigoureuse. A moins que ce ne soit là qu'une façon de faire, et surtout d'obtenir.
    Et une fois le chat parti, les souris dansent. En témoigne un papier en rapport avec nos abbayes locales, du 1er mai 1800, et sur lequel on peut lire:
    "Que tout ce qui relevait dans la dépendance de l'ancien Gouvernement est aboli, que par conséquent les sociétés accordées sous leur protection, ne peuvent plus avoir lieu".
    Pauvres Bernois! Les baillis auxquels on avait tant fait de courbettes, parfois notre Combier surpris obséquieux jusqu'à la moelle,  car l'ours aimait tellement à ce qu'on le caresse dans le sens du poil, devaient se retourner dans leur tombe!
    Au sujet des abbayes du Chenit, voir: Claude Karlen, Le Sentier autrefois, Editions du Rendez-vous, 2012, pp.38 à 42.