1. Les cordonniers, ou les compagnons du ligneul.
Travailler le cuir, tout un art.
    Voilà un métier qui tomba peu à peu en désuétude. Il était peut-être plus gratifiant de construire des montres que de s'occuper des godasses des autres, avec des clients, des clientes surtout, pas toujours plus intéressants qu'il ne le faut.
    Mais le métier autrefois, dans toute la région, avait sa cohorte de professionnels qui n'aurait très certainement pas tenu à échanger leur belle profession contre une autre, quel qu'elle soit. C'est qu'il aimait travailler le cuir, et qu'il en appréciait l'odeur tanique et forte. Ils aimaient façonner les chaussures, plus peut-être que de ressemeler pour la dixième fois des pompes qu'ils finissaient par connaître comme si elles avaient été les leur!
    Il y avait au Chenit, à la fin du XVIIIe siècle, 11 professionnels du cuir. Et comme certains d'entre eux étaient relativement jeunes, on peut assurer que la profession n'était pas prêt de s'éteindre et que le métier trouverait encore nombre d'amateurs tout au long du siècle à venir.