19. La trajectoire d'Isaac Meylan
Une trajectoire naturellement liée de près à cet environnement magnifique.
    Isaac Meylan n'avait pas été un champion, ni ne le serait jamais. Ca ne l'empêchait nullement de se poser la question: qu'est-ce qu'un champion, et quelles satisfactions retire-t-il du fait d'être champion ? Champion de quoi, champion par rapport à quoi et à qui ? 
    Sa conclusion était toujours: cela est sans importance. L'essentiel n'est-il pas plutôt d'être soi-même, et surtout en cet environnement en lequel on est si bien ? Il allait l'hiver, de-ci, de-là, et ce qu'il retirait de ces courses menées à son train, sans bien entendu qu'il ne se compare à personne, qu'à lui même à l'occasion, c'était cette satisfaction intense, voire inouïe d'être au milieu de ces paysage en apparence monotones, car toujours les mêmes, en réalité, selon lui, fort différents les uns des autres, et de goûter à tout ce qu'ils peuvent vous offrir en terme de plaisirs esthétiques et d'émotions.  
    Alors on ne pense plus à rien d'autre qu'à cette ineffable beauté qui vous environne, en laquelle vous êtes comme dans un cocon, et où il vous plairait peut-être de mourir un jour.