196. Un crochet par Leukerbad, soit Loèche-les-Bains
C'était dans les années vingt, on coloriait encore les cartes postales...
    Route principale du Valais - l'autoroute se fait toujours attendre, les magouilles de tous genres ont stoppé les travaux il y a bien dix ans -, si vous revenez de Brigue, peu avant Sierre, à l'un des ronds points de Leuk, prendre à droite. Par une route de montagne on rejoindra Loèche-les-Bains après 16 km. 
    On découvre alors cette cité dont tout le monde parle et où nous n'étions jamais allé, dans un immense cirque de montagne. C'est là que l'on villégiature, c'est là que l'on se baigne, et c'est de là aussi que l'on emprunte ce rude chemin de la Gemmi qui, par un tracé extraordinaire pratiqué dans une paroi rocheuse, permet plus tard, arrivé en son sommet, de prendre la direction du canton de Berne. Promenade à faire.
    Loèche-les-Bains a connu un développement que l'on pourrait dire de forcené. Il serait temps que ce gros village se calme un peu et aborde une nouvelle tranche de son histoire avec plus de sérénité. Il est surtout dommage que le petit chemin de fer électrique qui reliait la cité thermale à Leuk, ait été supprimé en 1967. Inauguré en 1915, il avait ainsi permis de conduire l'essentiel des touristes pendant un bon demi-siècle. Vint la "voiture pour tout le monde" qui devait mettre un terme à ce bel épisode ferroviaire.
    Loèche connut le passage de maints grands voyageurs. Citons Goethe, William Coxe, Toepfer, Maupassant. Ces classiques auront donc offert un plus culturel incontestable à cette ville d'eau où les hôtels sont nombreux. Le vieux village, mayens valaisans, disparaît peu à peu sous les coups de boutoirs de la cité nouvelle. Et ces pauvres granges que l'on trouve encore ici ou là, ont l'air perdue en ce nouveau monde. Non, elles ne s'y trouvent vraiment pas à l'aise. Auraient-elles pu croire cela autrefois, alors qu'on les remplissait du foin récolté sur des pentes nues où transpiraient toutes les familles paysannes du village ?