195. La guerre des clochettes - 1959 -
Quelque part, un peu plus haut sur nos alpages...
    Polémique  amusante pour celui qui aime le bruit des clochettes la nuit dans la proximité immédiate de sa maison,  au point, non seulement d’ouvrir sa fenêtre, mais d’en réclamer de plus grosses et de plus bruyantes. Un peu moins pour celui qui ne les aime pas et qui se voit réveillé  plusieurs fois dans le cours d’un sommeil qu’il aurait aimé plus paisible, par une grosse génisse qui se gratte à tout moment à un piquet de sa barrière ou contre un mur quelconque ! Le frottement énervé d’une clochette contre le béton, ça, c’est quelque chose !    
    C’est simplement dans cette deuxième situation que se rangent R. N. et ses supporters qui ne demandent d’aucune manière que la tradition du bétail « ensounaillé » soit abolie, mais que l’agriculteur qui fait paître ses bêtes la nuit sous les fenêtres de son voisin, se montre de bonne volonté en ne mettant pas de clochettes à ses bêtes, ou à la limite, troque les plus bruyantes contre des campanes plus discrètes.     
    Il est si facile de nier le bruit qui gêne les autres, que finalement, dans toute l’affaire, nous sommes en présence d’égoïsmes divers et d’indifférences qui conduisent à l’impasse.     
    Ce qui n’a pas empêché malgré tout les gens de vivre et surtout les agriculteurs et paysans de continuer à mettre des clochettes à leurs vaches paissant la nuit !     
    Passes d’armes en conséquence inutile. Il s’agissait, on le suppose, juste d’amuser la galerie. Car reconnaissons-le, aucun des intervenants n’avait la plume dans sa poche, et tous, bien entendu, ils avaient raison !