190. Quand Samuel Aubert se promène sur les hauts de la commune du Lieu, anciens hameaux devenus pour la plupart alpages - FAVJ du 23 janvier 1930 -
Samuel Aubert découvrit ce paysage en des temps où nous n'étions plus. Ainsi le passé rejoint le présent qui touchera du doigt le futur.
    Il partait du Solliat, traversait les champs ou les forêts, et arrivait à Combenoire. Là commençait vraiment sa promenade, avec la découverte de ces anciennes fermes foraines devenues depuis longtemps chalets d'alpage. 
    C'était l'hiver. Depuis longtemps déjà notre professeur avait adopté les skis, ce qui lui permettait de doubler le nombre de ses promenades, puisque désormais l'hiver lui offrait la possibilité de poursuivre ses pérégrinations sur sol combier. 
    Parti de bonne heure le matin de son village natal qu'il affectionnait tout particulièrement, il s'arrêtait à midi pour se restaurer. Ayant déjà pas mal de km dans les jambes, il prenait le temps d'une longue pause en laquelle il allumait du feu et se faisait une goutte de thé, probablement dans une vieille gamelle militaire. On ne sait si ses fils l'accompagnaient. Probablement pas toujours. Il n'en n'était pas moins jamais seul, conversant avec les monts, les vallons, les chalets et bien entendu avec toute cette végétation dont aucune plante, en savant botaniste qu'il était, ne lui était inconnue. 
    Un savant, justement, notre professeur. Et surtout un passionné fou de la nature qu'il considérait à son juste prix,  valant pour ce qu'elle était et non pas pour du rendement ou des sornettes du genre. Il l'aimait et la respectait. Non seulement, car il encouragait aussi les autres, par le biais de ses articles, à faire de même. Sage exemple qui vint à manquer quand l'homme eut fait sa valise pour sa dernière et sa plus longue promenade.