1891. Les grands froids de janvier-février
Serait-ce par hasard 1891 ? Rien ne permet de le dire.
    Le 18 janvier 1891, la glace saisissait le lac Léman dans la rade de Genève. Les quidams, pas plus peureux qu'il ne le faut avec une glace minimale, pouvaient traverser d'un bord à l'autre. Quelques personnes passèrent à l'eau, une autre se noya. Mais pour l'essentiel, pas de catastrophe majeure. Et surtout des photos multiples de cet événement assez rare et pourtant pas totalement inédit, puisque la rade de Genève avait déjà gelé en 1810, 1814, 1830 et 1854. 
    On peut bien penser qu'à la Vallée le lac devait être d'une solidité à toute épreuve et que les grands froids avaient été autrement plus conséquents qu'à Genève. On découvrira dans ce chapitre quels ils furent, avec une moyenne de - 11.44 o, situation donc terriblement difficile dans des maisons dont certaines n'étaient pas chauffées d'une manière optimale. 
   Chose curieuse, ces journées pourtant très pénibles à vivre, où l'on brûle le double de combustible que d'ordinaire, n'ont guère laissé de traces dans la littérature locale. On trouvera ici le peu que l'on a pu trouver. Qui nous fait prendre conscience que les duretés de l'hiver, en quelque sorte, et quelles qu'elles soient, faisaient partie de la vie quotidienne et qu'en conséquence il n'y avait pas lieu de les signaler. 
    Et ainsi passent à la trappe quantité de faits dont il serait pourtant bon de se souvenir, ne serait-ce que pour mieux comprendre le mode de vie de nos prédécesseurs qui, on peut le dire, n'ont pas été élevés dans du coton!