1886. Inauguration du Le Pont - Vallorbe, le 30 octobre.
Partie du carton d'invitation à l'inauguration du Le Pont-Vallorbe en octobre 1886.
    Le 30 octobre 1886, un samedi, s'inaugurait en grandes pompes la ligne de chemin de fer Le Pont-Vallorbe qui venait d'être achevée. Cent ans plus tard, en 1886, il convenait de fêter le 100e anniversaire. 
    Le soussigné fut mandaté pour établir la plaquette. Sans enthousiasme majeur, pour la simple raison que le chemin de  fer n'est d'aucune manière son domaine, il s'activa dans ce sens. Au final, une brochure. Les spécialistes arguèrent que si l'historique était convenable, la partie technique manquait sijngulièrement de solidité. Et pour cause, il eut fallu là un spécialiste qui fasse la moitié de la brochure tandis que l'auteur tentait de s'en sortir tant bien que mal avec le peu d'éléments à sa disposition.
    Centenaire fêté par une manifestation officielle à l'Hôtel de la Truite. Elle eut lieu dans une discrétion exemplaire. L'enthousiasme là non plus n'était pas de la fête. Pour la simple raison que presque plus personne des participants ne prenait désormais le train, la voiture ayant remplacé depuis longtemps déjà ce moyen de locomotion qui n'en continuait pas moins à courir la ligne à journée faite. 
    Aucun enthousiasme donc, avec la série habituelle des discours, la plupart quelque peu empruntés, lénifiants dans tous les cas. Pour se donner quelque sujet de satisfaction et se projeter un peu vers l'avenir, il fut vaguement discuté de la prolongation de la ligne vers les Rousses, projet auquel personne n'y croyait, avec une rentabilité impossible à réaliser, pour la simple raison que très peu nombreux auraient été les clients potentiels. Et à l'heure où certaines lignes secondaires étaient déjà menacées d'interruption, il n'était pas trop réaliste de mettre encore en place des tronçons  su d'avance non rentables.
    Le Pont-Vallorbe. Combien la ligne, avant même qu'elle ne fut mise en service, demanda de paperasses ! Nos archives publiques en sont pleines, qui racontent par le menu cette grande aventure qui, tout emballé que l'on était alors, devait pourtant se vivre à coup de chiffres réels. L'argent ne tomberait pas du ciel. Les communes furent fortement sollicitées, au-delà même de leurs possibilités réelles. Mais quels sacrifices n'était-on pas prêt à faire pour avoir enfin le chemin de fer à la Vallée, signe fort d'un certain désenclavement. 
    Et pourtant, de tout temps, pour les gens modestes de la région, ce moyen de déplacement fut considéré comme très cher, si bien que ce ne fut jamais une foule de voyageurs qui put prendre le train. On ne l'empruntait  que quand il n'était pas possible de faire autrement. Pour les marchandises, idem. Si bien qu'au final, la ligne, avec plus tard la prolongation du Pont au Brassus, ne fut jamais d'une bien grande rentabilité, toujours, et en quelque temps que ce soit, obligée de frapper aux portes des communes pour assurer sa survie.