1871. 1er février, entrée des Bourbakis à la Vallée de Joux.
Des soldats gardent la frontière.
    1er février 1871, date gravée à jamais dans nos annales. Ce jour-là les débris de l'armée de l'Est rentrent en Suisse, le gros par le vallon des Verrières, des contingents plus réduits par divers autres lieux du Jura, dont la Vallée de Joux.
    Pour celle-ci, la plupart des réfugiés arrivent sur le Solliat où ils sont désarmés. Bien d'autres sont arrivés par d'autres points du Risoud, preuve que le désordre de cette retraite est complet.
    Les réfugiés sont ensuite accueillis dans nos villages où ils restent deux ou trois jours, puis sont dirigés sur des centres d'accueils situés en des lieux où le climat est moins rude et les réserves alimentaires plus conséquentes.
    Cet épisode unique de notre histoire locale, devait marquer les esprits pour longtemps. Cette retraite devint même un des mythes les plus remarquables de la région et a laissé des traces dans la mémoire populaire qui subsistent encore aujourd'hui.
    A l'époque, Hector Golay fut témoin de cet événement. Quelque vingt ans plus tard, il fixe ce qu'il a pu voir et comprendre. Son texte est aujourd'hui la meilleure synthèse écrite à propos de cet épisode de notre histoire locale.
    Nous vous le proposons. Au fil des ans il sera complété par d'autres récits sur le sujet  qui méritent d'être portés à votre connaissance.