181. Quand nos braves allaient sur Soleure.
Soleure, par P.-A. Rochat.
    Nous savons que les bateliers vaudois s'en allant en direction de Soleure, souvent pour y livrer les gros fûts de vin qu'on avait remplis à la case de départ, avaient droit de prélever une part du précieux liquide pour leur usage personnel. On devine dans quel état ils devaient se trouver arrivés à bon port!  A ne plus pouvoir décharger  sa marchandise! 
    Mais les vins vaudois ne prennent plus ce chemin antique par ailleurs désormais impraticable. Ce sont des camions, à la limite par chemin de fer. Le même qui nous aura amenés à Soleure pour y découvrir une petite ville charmante - on ne parle pas de l'immense banlieue ou agglomération moderne - où la découverte de ses curiosités architecturales et de ses petites rues, est un moment rare et tout chargé d'émotion. C'est la vieille Suisse qui semble renaître sous nos yeux. 
    Soleure est ainsi une cité intéressante. Les abords ne le sont pas moins, les gorges de la Sainte Vérène, travaillées par un torrent ces jours-ci très violent, puis bientôt la chapelle de même nom, merveilleuse bâtisse plantée là dans un cadre très romantique que l'on ne quitte qu'avec regret. 
    Ce sera ensuite la découverte du Weissenstein, duquel la vue porte loin sur la plaine suisse, et même découvre-t-on,  tout à notre droite, notre Dent-de-Vaulion, là-bas, pointe bien caractéristique, paroi à pic, bref, elle est là, en chair et en os, et ça fait vraiment plaisir que de la voir de si loin. 
    Bref, Soleure et environs, c'est tout un monde qu'il vaut la peine de fréquenter. De s'en imprégner. Ce que nous avons tenté de faire en petite douzaine de chapitres, tous consacrés à un objet différent. Quelles belles découvertes il y a à faire!