181. Fichier des amodieurs - 1857 -
Un alpage où l'on fabriqua des vacherins de manière certaine, la Laisinette-dessus.
    Ce dossier a déjà paru dans notre fichier des affineurs. Il était nécessaire de le faire figurer aussi dans le cadre de l'économie alpestre de notre région, puisqu'il cite, pour 1857 et pour l'ensemble de la Vallée de Joux, tous les amodieurs alors en fonction.
    Tous est un bien grand mot. Nous ignorons sur quels critères s'est fondé le recenseur pour établir cette liste. Car voilà, il y a tout au plus un ou deux amodieurs par village, tandis qu'il y en a dix pour celui des Charbonnières!
    Quoiqu'il y a ici matière à discuter, il n'en ressort pas moins que ce dernier village était le centre pour dire absolu de l'économie alpestre de notre région, un carrefour, dans tous les cas. De telle manière que dans aucune autre agglomération de notre contrée, il n'y eut une telle effervescense concernant les alpages, un bouillonnement, où chacun voulait tenir montagne, avec ces probabilités pourtant assez conséquentes que cela ne donne pas tout à fait satisfaction, et que si l'on ne tomberait pas dans la dèche suite à un tel engagement, on n'y gagnerait que juste sa croûte, et cela avec beaucoup de peine, plus encore de soucis de tous genres, que vos fromages aillent bien en étant l'un des plus importants.
    Ces dix amodieurs, amodiateurs en terme plus moderne, nous tentons ici de les situer. Chose que nous avons pu faire avec quelque chance de succès. Ce sont des gens de la terre, des paysans, qui se mettront à la fabrication du fromage par l'intermédiaire naturellement de leurs hommes de main, armaillis, bergers et fromageurs, puis qui vendront leur production à des marchands du village, on ne dit pas encore affineurs, et qui enfin, parfois, et même souvent, se feront  marchands eux-mêmes. Ainsi est née la corporation. Des marchands, on en fera un jour des affineurs. Et le tour est joué!