17. Un village, le sien...
C'était il y a quelques siècles.
    Le sien, pour la simple raison qu'on l'habite et qu'on le connaît de la première à la dernière pierre, puisque l'on y est depuis que nous sommes au monde.    
     Il n'est pas plus beau qu'un autre, moins même, pourrait-on dire sans même avoir l'oeil par trop critique. Mais voilà, on ne le recréera pas, et les atrocités que l'on y a infligées, de toutes natures et de toutes époques, l'on ne saurait désormais les gommer. Elles sont sous nos yeux et il faut les accepter. C'est ainsi. 
    Un village donc commun. Mais dans cet ordinaire, qui ne retiendrait pas l'attention du touriste de passage le plus passionné de vieilles maisons, on y découvre de petits miracles. Il y a par ainsi, en belle saison, des myriades d'hirondelles qui nous font si chaud au coeur, quand elles arriven après que nous ayons connu un si long et si rude hiver. Il y a ce lac, à proximité, dont en faire le tour est une joie toujours renouvellée, et celle-ci presque sans limite. C'est romantique, vous savez, là-bas, sur le chemin, sous une belle verdure, et l'on se plaît toujours à y rêver à des choses encore plus belles et plus subtiles. 
    Bref, voilà un village. Vous ne le connaissez pas. C'est sans importance. On n'en dira pas le nom. Ainsi vous pourriez croire que c'est votre propre village. Et que ce que l'on raconte, cela se passe à deux pieds de chez vous.