177. Montmartre en 1949, par Pierre Lestringuez.
Une collection... à collectionner!
    C'était une série fameuse de petits guides sur divers pays, magnifiquement composés, illustrés en couleur, avec des dessins originaux ou des reprises des grands tableaux des peintres du XIXe ou du XXe siècle.
    Le genre de livre dans lequel on se régale. Juste peut-on lui faire le reproche que le format réduit, avec une écriture en conséquence, nécessite une bonne vue pour être dégusté ainsi qu'il convient. 
    Paris tel qu'on l'aime, Edition Odéo, Paris, l'un des nombreux titres de la série,  nous permet de découvrir cette ville juste après la guerre. On sent encore comme une retenue, des souffrances cachées, de ce que cette cité, en l'espace de dix ans, a pu connaître de misères de toutes sortes, brutalités, délations, stupre, meurtres, bien plus qu'à l'ordinaire. L'occupant n'avait qu'un seul avantage, celui de pouvoir être chassé un jour à coups de pieds au cul, mieux encore à coups de fusil. Mais cela laisse des traces. 
    Nous nous attarderons ici une fois de plus sur Montmartre. Et l'on constate avec surprise que l'auteur, établit en introduction que l'on prétend encore et toujours que Montmartre n'est plus ce qu'il était, que c'était mieux avant, etc... L'éternelle rengaine, quoi, qui ne fait voir que ce bon vieux temps qui n'a jamais existé, ou qui était bien pire que le présent, puisqu'ici en particulier, il y eut ces sauvages qui plombaient la cité. 
    Montmartre, considéré parfois comme un village. Pourri de visiteurs. Et où pourtant, comme en bien des villes, il suffit de deux pas pour retrouver des petites rues où il n'y a personne et où l'on peut se retrouver à penser avec tranquillité, sans obcession,  sans opression, de manière à ce que tout soudain l'on puisse se sentir bien, à son aise, presque chez soi. 
    L'auteur est parfois précieux, mais l'un dans l'autre, il connaît  son Montmartre, comme sa poche. Il en sait tous les secrets, tous les coins de rue, les arrière-cours, ces endroits discrets où personne qui n'est d'ici ne saurait se rendre. Il l'a compris. Il en offre une vision qui vaut le détour. Et peut-être, qui le sait, en ce Montmartre qu'il décrit, juste après la guerre, c'est  là qu'il était, le bon vieux temps!