16. Quand le vicomte Alcide de Forestier parle chalets d'alpage - 1837 -.
Intérieur de chalet (extrait), huile sur panneau, 1918, coll. du Musée gruérien, par P.J. Dierckx (1855-1947).
    Sacré Vicomte! Il se nourrissait de douces images champêtres où Colin et Colette menaient une existence idyllique dans un chalet perdu entre ciel et terre. Alors que dans la réalité, quand il fut monté là-haut pour visiter l'un de ces alpages dont on parlait tant, il eut de la peine à aborder la bâtisse tant les abords en étaient boueux, défoncés et salis par le bétail qui n'a aucune aspiration, quant à lui, au beau et au propre! Rude désillusion pour un grand rêveur, un de plus, qui nous offre pourtant ici une bonne description d'une fabrication de fromage. Mais alors, quelle ambiance! 

   "Le maitre ermailli est là, veillant à la cuisson; il a les bras nus, il fume, il est rouge et noir comme les tisons du foyer. A ses côtés les enfans barbottent pêle-même avec les animaux; les aides de l'ermailli disposent en chantant ou hurlant les fromages dans les ustensiles, et parmi tout cela, l'éclat de la flamme, l'odeur prononcée qui s'en exhale, la fumée des pipes, les cris des enfants, les grognements du bétail; faites donc de l'idylle là-dessus, si vous osez. Hélas! qu'êtes-vous devenus, chalets embaumés, avec votre frais ruisseau, le roucoulement de vos pigeons, et la riante décoration de vos arbres et de vos fruits!"