169. Retour au chalet - deuxième chant -
Chalet de la Combe Barathoux, au-dessus de Vallorbe.
    Une fois de plus il était monté là-haut, vers les lumineux pâturages. Les terrains dans les bas étaient nus, dégagés depuis longtemps déjà des dernières neiges, et même les paysans avaient achevé l’épandage du fumier qui s’était fait avec une rapidité surprenante à la mi-mars sur les champs très tôt ressuyés, montrant leur couleur de vieille herbe que percent déjà les premiers crocus. Il pouvait croire assurément que là-haut il devait en être de même, belle allure, tenue décontractée de printemps, espadrilles ! Et pourtant ce fut alors la neige sitôt  passé le vieux couvert. La vieille, que recouvrait celle de la semaine dernière, toute belle blanche encore et qui renvoyait la lumière éclatante de ce bel après-midi, empêchait la couche sous-jacente de fondre. Celle-ci heureusement tenait sous le pas. Ainsi il n’enfonçait que là où elle recouvrait des branches. Il eut cependant très tôt les pieds mouillés, s’accusant de fou et d’imprévoyant, sans espoir qu’il ne se change jamais, de monter ici de telle manière, alors que l’expérience au contraire aurait du l’avertir. Que de neige, put-il se dire encore. La profondeur de la couche se voyait surtout  par les pieds des sapins isolés autour desquels s’était fait un rond d’un mètre de profondeur par endroit.