167. Clôtures, clédars et emperchoirs, 1936, par Samuel Aubert.
Un emperchoir entre le Crêt-à-Chatron-Neuf et le Crêt-à-Chatron-Vieux.
    Dans les Alpes, les pâturages formant un tout, propriété d'une commune, d'une corportation, ou même d'un particulier, sont en général limités par un torrent, des escarpements, la région des neiges,  et des clôtures ou murs secs n'existent pas, dans la règle tout au moins. Seule la partie inférieure du pâturage qui confine à la forêt est munie d'une clôture. Il n'est pas nécessaire d'indiquer ici les raisons pour lesquelles,  dans notre Jura, les pâturages doivent être obligatoirement clôturés. A cet effet on utilise, depuis un temps immémorial, la pierre extraite sur place et l'on édifie ces murs secs dont la construction et l'entretien constituent une question d'une haute importance pour le propriétaire. Volontiers, les pierres se désagrègent, s'éboulent et le mur tend à s'écrouler. Le propriétaire soigneux de ses intérêts le fait alors reconstruire, tandis que celui qui ne l'est pas,  ou son fermier,  coupera une fuvette bien branchue  dans le voisinage et l'emploiera à l'aveuglement de la brèche. Procédé détestable qui ne constitue qu'une solution provisoire et préjudiciable à l'intégrité de la forêt.                                                                                    Samuel Aubert