1612. Les Le Coultre reçoivent la bourgeoisie de la commune du Lieu.
L'armoirie Le Coultre dessinée par Charles Le Coultre de Perpignan
    Pierre Le Coultre, le premier de la lignée sur sol suisse, était arrivé à Praz Rodet en 1557. Ce fut le seul avec le sieur Audemars à avoir quitté le sol de France pour des raisons religieuse et à trouver bon accueil à la Vallée de Joux. La prétendue origine huguenote de la plupart des familles de notre région n'est qu'un mythe, et celui-ci a la dent dure!
    Pierre Le Coutre devait être un homme peu ordinaire. Car outre des occupations dans l'agriculture, il enseignait. L'acte de bourgeoisie de 1612 le signale sans ambiguïté:
    "... estre venus de France, suyvant tousjours a nostre saincte religion et le sainct Evangile de Christ, il y a environ cinquante ans et fut reccu en ceste Communaulté maistre d'escholle pour instruire la jeunesse et fayre les prières publiques environ l'expace de dix ans..."
    Il est évident que ce ne pouvait qu'être à l'époque un enseignement lacunaire fait au bon gré du nouvel arrivant qui, se rendant compte probablement de l'extrême misère intellectuelle des habitants de la région où il apparaissait, s'était donné pour tâche de contribuer à leur élévation intellectuelle.
    Quoiqu'il en soit, ces Le Coultre étaient de bonne famille, pétri de bonnes intentions comme aussi certainement d'ambitions quant à leur situation professionnelle. L'histoire nous l'apprend, ils firent souche et  contribuèrent, outre que l'agriculture fut leur profession essentielle, à industrialiser la région.
    On leur devait beaucoup. La commune du Lieu en avait conscience moins d'un demi-siècle après leur arrivée, puisqu'elle offrait la bourgeoisie aux descendants de Pierre Le Coultre, premier du nom.
    C'est là un point important de notre histoire. Plus important peut-être que les officiels du Lieu ne pouvaient le penser, puisque cette même année 1612, Pierre Le Coultre, deuxième du nom, allait contribuer dans de notables proportions à la construction de la première église du Sentier, et cela au grand dam des gens du Lieu qui,  ne voyant pas cette installation d'un bon oeil, refusèrent d'accorder un centime pour cet édifice. Qu'à cela ne tienne, on ferait sans ces pauvres gens jaloux et surtout incapable de comprendre les besoins des autres, faiblesse et mesquinerie qu'ils auraient à porter des siècles durant.
    Il n'en reste pas moins que la bourgeoisie avait été accordée au Le Coultre. On trouvera le contenu de l'acte par le document ci-joint. Celui-ci  fut probablement établi en plusieurs exemplaires, soit un pour la commune du Lieu, et un pour chacun des enfants de Pierre Le Coutre premier du nom. L'orginal du Lieu a brûlé dans l'incendie de 1691. Pour l'un ou l'autre des autres originaux, des enquêtes seraient à mener pour tenter, si faire se peut, de mettre la main sur l'une de ces pièces extraordinaires.