15. Le temps des narcisses.
Mais allez-y donc, Mesdames...
    Enfin un jour reviendra le temps des narcisses. Ce sera dans les Pléiades. Mais attention, à force d'urbanisation, ces beaux champs couverts de ces fleurs aristocratiques que sont ces amaryllidaceae ou lilliaceae, finiront tous par disparaître. Et alors adieu à la belle neige de mai si chantée par les poètes. 
    Ils allaient là-bas, là-haut et ils en cueillaient des bouquets monstrueux, comme si l'espèce devait durer toujours, qu'elle ne serait jamais en danger. D'ailleurs ils n'y pensaient pas. N'y a-t-il pas dans le fond que le présent qui compte, le passé n'étant plus rien, le futur un temps improbable où même, qui le sait, les choses, les bonheurs en conséquence, ce seront multipliées par cent ou par mille ?  
    A la Vallée de Joux, on pourrait dire feu les narcisses. Ceux-là en effet, suite peut-être à l'épendage d'engrais inadaptés, ou par des ceuillettes trop intensives alors qu'ils n'étaient pas assez nombreux pour supporter de tels prélèvements, ils ont peu à peu tous disparu. Et pourtant, qu'ils étaient beaux, les narcisses du poète, combien il éfait heureux d'en rapporter quelque tiges à la maison. Où ils sentaient si bon. Pas r pour longtemps. Fleurs magnifiques, certes, mais vite fanées, vite disparues pour laisser le pot vide.  
    Il conviendra de retrouver quelque texte combier prouvant que cette cueillette n'était pas un leurre, au contraire, une joie printanière que l'on pensait pouvoir faire durer. Hélas, c'est certain, ils sont devenus  rares, ils sont même à protéger. Et si vous connaissez un coin où par miracle ils seraient encore nombreux, ne le dévolez surtout à personne. Il pourrait lui en cuire!