15. La Vallée de Joux à la Belle Epoque, Slatkine 1990.
Un ouvrage désormais bien connu, de 1990.
    Il est temps de s'arrêter pour souffler un peu. D'autant plus que la Belle Epoque va se terminer dans les flots de sang de la première guerre mondiale, un cataclysme dont l'horreur n'a pas encore été toute mesurée, la fin de toute l'espérance que l'on pouvait mettre dans la sagesse de l'humanité. 
    Feu donc la Belle époque qui, il faut le reconnaître honnêtement, n'était pas si belle que cela pour tout le monde. Il s'agit surtout ici de gens relativement aisés qui peuvent se permettre désormais de courir le monde et de fréquenter les établissements de tous genres mis à leur disposition. Cela va de la simple pension de famille aux hôtels les plus luxueux. 
    A la Vallée de Joux, excepté le Grand Hôtel du Pont,  ce seront plutôt des établissements plus modestes, genre Hôtel du Rocheray ou Hôtel de la Truite ou de la Lande, et bien entendu des pensions de famille nombreuses. Il y en avait en fait pour toutes les bourses de cette classe quelque part privilégiée. Car n'oublions pas ceux qui restent à leur métier, les agriculteurs en particulier, et qui ne peuvent décoller de la queue de leurs vaches. Et ils étaient encore nombreux. Quant aux travailleurs en usine, vous ne pouviez pas leur parler de vacances véritables, puisque celles-ci n'existaient pas. Tout pour la production et rien pour l'individu. 
    Cette Belle époque, il convient quand même de l'évoquer encore une fois avant de la quitter. Nous le ferons par l'intermédiaire d'un ouvrage parut il y aura bientôt un quart de siècle. Il eut un joli succès à l'époque. Pas certain qui'il en serait de même aujourd'hui. Comme quoi chaque chose doit être de son temps. 
    100 cartes postales de ce début de siècle. Beaucoup étaient proposées alors dans nos magasins de village par les Editions des Arts à Lausanne, les meilleures peut-être. L'on en était encore à faire participer les populations locales à la prise d'un cliché. Sorte de grand théâtre où l'on posait. Mais avec quel plaisir. Et avec cette certitude que quelque part, en figurant sur l'un ou l'autre de ces clichés, on gagnait un peu d'immortalité. Dommage simplement que l'on ne sache la plupart du temps plus de qui il s'agissait. 
    Et maintenant, bien du plaisir à retrouver la Belle époque en faisant le tour complet de la Vallée.