1572. La première carte de la Vallée est de cette année-là.
Partie de la carte, la région habitée de la Vallée de Joux
L'original figure aux ACV sous la cote Bq2, 1572. Elle pourra paraître sommaire à qui n'a pas l'habitude d'analyser de tels documents, en réalité elle offre de nombreux renseignements sur l'état de la Vallée d'alors.
    Il ne fait aucun doute que la carte  soit commandée par Berne. En haut le dessin, en bas l'inventaire de tous les titres importants que l'on trouvait alors quant à notre région.
    La carte est structurée par l'Orbe qui la traverse presque de part en part, formant le lac de Joux puis, en prolongation directe, le lac Brenet. L'entonnoir de Bonport y est représenté. Trois autres gouilles, le lac Ter, lui de même avec un entonnoir, le lac Tiret, soit le lac du Séchey, et l'Etang, qui n'est autre que celui de la Sagne aux Charbonnières. Un pont traverse la jonction du grand lac au petit. C'est celui de la Goille. Deux villages, celui du Lieu et celui des Charbonnières. Aucune maison au Séchey, aucune au Pont. La Vallée alors n'est encore que peu colonisée.
   Une seule route importante. Elle part du Lieu passe aux Charbonnières, franchit le pont de la Goille et se dirige sur Montricher. Pour se faire elle a grimpé face à la pente et utilisé le vaste plateau des Croisettes, pour joindre ensuite la région actuelle des Prés de l'Hault, pour ensuite redescendre sur la plaine  par ce que l'on nomme désormais la Combe de la Verrière.
     Le col du Mollendruz, même pas désigné sur la carte, semble donc n'avoir eu qu'une importance secondaire à l'époque.
    Des fruitières sont nombreuses sur le futur territoire du Chenit. Quelques-unes procèdent des abergements effectués par la commune du Lieu du côté du Risoud, d'autres, occupant les contreforts du Mont-Tendre, sont là depuis des siècles, construites par les gens de la plaine ayant débordé sur une Vallée dont alors une bonne partie du territoire était  encore à prendre.
    Combier d'un côté, dont l'extension démographique sera forte et dont les besoins d'espaces seront de plus en plus grands, gens de la plaine de l'autre, établi là depuis des siècles et avec lesquels l'on entretiendra de saines relations par le biais de procès aussi nombreux que les jours de l'année!
    Ce sont là quelques-unes des informations que nous révèle cette précieuse carte, qui pourrait nous en dire pourtant encore beaucoup plus.