134. Ponteto, autre village de pierre.
Magnifiques bâtiments auxquels on souhaite, malgré les temps qui courent, un très bel avenir.
    C'est à deux pas de Roldo, quand vous redescendez en direction de la plaine où vous irez retrouver la route principale menant à Domodossola et autres lieux de plus grande importance. Un autre village de pierre, avec les mêmes caractéristiques à peu de chose près, que le précédent. Sauf qu'à Ponteto les ruelles apparaissent un tantinet plus large et qu'une vaste restauration de l'ensemble pourrait s'effectuer avec plus de facilité. Ce qui donnerait un site touristique de haute valeur ajoutée, rendant caduque la remarque d'un auteur décrivant le patrimoine artistique de cette région, qui notait que celle-ci était sinistrée sur ce plan-là. Pour la simple raison qu'elle semble ne présenter aucun intérêt pour le touriste de passage qui, venu du Simplon, préfère filer droit sur le lac Majeur et au-delà, lieux bien plus connus et offrant un dépaysement lacustre digne d'attention, tandis qu'ici, ces vieilles pierre, aucune eau à proximité, bof, pas la joie ! 
    Ces vieilles de pierre, pourtant, sont belles. Emouvantes. Elles ont vécu, en un temps où l'on ne se préoccupait pas autant du paysage. On était d'ici, on devait y vivre, qu'importe les au-delà plus enchanteurs, et surtout l'on devait y faire son dernier voyage. Les cimetières sont pleins qui accueillaient sans sourciller les gentils et les mauvais, ceux qui avaient passé la moitié de leur vie en prières, et ces autres qui ne mettaient pas les pieds à l'église, en pétard continuel par ailleurs avec Monsieur le curé dont on ne partageait pas les mêmes idées. Lui, d'ailleurs, c'était un malotru qui allait dans les familles le dimanche, et si, après qu'il ait soulevé le couvercle de la marmite et considéré que le menu était à son goût, s'invitait sans qu'il ne soit nécessaire de le faire ! 
    Tout cela à Ponteto comme ailleurs. 
    A proximité, un peu trop près de la route par malheur, une belle façade jaune. C'est le restaurant du coin. On y entre. On est samedi. En tout et pour tout quatre clients alors que midi vient de sonner. Le tenancier nous fait un sourire jusqu'aux oreilles. Enfin du monde, se dit-il. Et l'on nous serivra aux petits oignons, une cuisine italienne simple mais bonne qui donnerait à réfléchir à beaucoup !