12. Alfred Cérésole est intarissable sur Taveyannaz - 1889 -.
Alfred Cérésole (1842-1915).
    Elle est vieille, bien vieille, la coutume, qui à la mi-été (mi-tzautein, mi-chaud temps), soit un des dimanches du mois d’août, réunit autour de certains chalets de nos Alpes, dans une fête simple et rustique, les pâtres de nos monts, ainsi que ceux qui viennent les visiter.    
   
C’est le jour où les propriétaires du bétail, qui a été mis à l’alpage, viennent le trouver et « donner le bonjour » aux armaillis, en réglant plus d’une affaire concernant le pâturage et ses produits.
   
   
C’est le jour où la montagne semble se faire plus belle, plus coquette et plus hospitalière, où, parents, cousins, cousines et amis de la plaine s’arrangent pour se donner rendez-vous, « là-haut », près des noires chaudières aux formes rebondies, sur le gazon parfumé et sous le grand ciel d’azur qui se mire avec amour dans les gentianes bleues.
   
   
Bonne et simple fête ! à la condition toutefois que le beau temps soit de la partie et que, – à l’abri des excès et des bruyantes folies qu’engendrent trop souvent des libations trop copieuses et sans profit, – la journée ne s’achève pas dans des querelles ou d’interminables lendemains de « déroutes ».