126. Souvenirs d'Alger
Vue générale d'Alger prise de l'Amirauté
    Ce ne seront pas les nôtres, ceux d'un photographe du début du XXe siècle par contre qui laisse, avec les quinze clichés que l'imprimeur a sélectionné, colorés en laboratoire, un témoignage intéressant et esthétique de la ville d'Alger bien avant sa libération des forces coloniales françaises et l'expulsion complète de tous les Pieds-Noirs qui y vivaient,  probablement pour certains là depuis pas loin d'un siècle et demi. Liberté pour les uns, tout au moins ce que l'on pourrait appeler tel dans un pays musulman où la démocratie n'arrivera jamais à percer vraiment, et exode et souffrance pour les autres dont on les détache de ce qu'ils considéraient  comme leur pays. On peut les comprendre, on peut compatir, on peut facilement imaginer avoir été parmi eux et d'avoir été exilé en d'autres lieux sans espoir de retour.
    L'histoire est toujours tragique. Même si ces photos ne montrent rien de cet aspect. La ville, avec ses couleurs, artificielles certes, mais intenses, apparaît dans toute sa beauté. Mais comme on le dira dans le texte introductif, le photographe n'a retenu pour sujet que la partie moderne d'Alger, n'offrant sur 15 photos, qu'une seule ayant trait aux vieux quartiers. Ceux-ci, pour la classe dominante de l'époque, et c'est là où le bât blesse, n'intéressaient pas. Y grouillait la classe inférieure, les indigènes, dans des bâtiments vétustes, dans les conditions d'hygiène que l'on peut imaginer, tandis que le luxe régnait, presque outrancier, dans les immeubles du bord de mer, dont un certain nombre devait être des hôtels recommandés.
    Nous ne verrons donc ici que la ville moderne, que les monuments en parfait état, avec l'illusion parfaite que cette ville est resplendissante, digne à tous points de vue d'un conte des mille et une nuits.
 
    Note: sur Alger, il faut aussi lire le texte: hussein-Dey, Le pays d'où je viens, de Sabine Bachelet. Très beau et très émouvant.