Le Simplon a autant fasciné les journalistes de toutes époques que nous autres ! C'est que cet endroit est mythique. Quelque part dans un endroit à part, où l'homme pourrait poser sa valise et se reposer en philosophant tout à sa guise. L'hospice du col serait parfait à cet égard. L'immensité en fait un monde, une grotte, un havre d'où vous ne serez jamais chassé. Tout au moins on se plait à le croire.
    On habiterait ces couloirs, ces vastes salles, et puis aussi ces environs sauvages où la végégation est rare, courte, mais non pas inintéressante. C'est qu'ici le printemps est rapide, l'été court, l'automne encore plus qui vous conduit à un hiver interminable où la couche de neige atteint facilement deux mètres, voire trois et plus. Il suffit de voir ces anciennes photos pour le comprendre. Car là-haut, plus encore que l'été, l'hiver fascine, alors que vous êtes littéralement coupé du monde, et qu'il n'y a que le courage des voituriers pour vous relier aux lieux habités, d'un côté Simplon-Dorf, puis en route pour l'Italie, de l'autre, Brigue, et puis le Valais, dans son immensité.
    Le Simplon... on ne saurait jamais l'oublier !