11. Les muratiers.
Au sommet du Mont-Tendre fin octobre 2015.
    On les appelait muratiers. Ce n'étaient autre que les constructeurs des murs de pierre sèche, nos muretiers actuels. On aurait pu croire qu'ils disparaissent, les murs en question remplacés par de simple barrière de barbelés, nettement moins poétiques certes, mais d'un coût défiant toute concurrence. 
    Les murs croulaient gentiment quand l'on prit conscience que cet élément de notre patrimoine paysager était non seulement d'utilité, mais surtout d'une grande beauté. Alors des associations, des collectivités, prirent le taureau par les cornes et réussirent à trouver les fonds nécessaires pour la restauration de ces beaux témoignages, et même  pour la reconstruction complète, en certains lieux, où les anciens murs étaient complètement fusés, avec une pierre désormais inemployable. 
    Les murs de pâturage, que l'on rencontre quelque promenade l'on fasse sur les hauts. Ils sont là, sublime dans leur simplicité, construits par ces maîtres qui savent la manière exacte de procéder afin de leur assurer leur beauté, certes, mais aussi leur durabilité. On ne va tout de même pas les reconstruire tous les dix ans! 
    Des murs qui servent aussi, de refuge à quantité de petits animaux qui se glissent dans les anfractuosités et se trouvent à l'abri, et parfois au chaud! derrière ces pierres, du beau calcaire de notre Jura. 
    Que voilà l'occasion de retrouver la trace de nos anciens muratiers auxquels, vu qu'ils construisaient ces limites de pierre contre des salaires somme toute bien modestes tandis qu'ils s'éreintaient la colonne,  méritent toute notre reconnaissance et notre admiration.